Les Broqueville de Belgique issus de la bastide de Monfort en France

Lors de mes multiples recherches, j’ai pu retrouver des traces écrites d’habitants du hameau d’Esparbès ainsi que du château. Une fois n’est pas coutume, nous allons remonter dans le temps les possesseurs de cette terre d’Esparbès. Voici donc la succession supposée de la parcelle actuellement cadastrée n°708 à Monfort. Les actuels propriétaires sont les Manzoni qui ont acheté le domaine en 1968 à la famille Hournac. Ces dernier avait acheté cette parcelle en 1937 à M. Labat (1) Nous n’avons aucune autre information pour le début du XXe siècle.

XIXe siècle…

Dans le registre d’Etat-civil de Monfort de 1793 à 1848, on peut y lire ceci : ‘L’an 1852 le 27 mai a deux heures du soir par devant nous Saubolle Martin maire officier de l’état civil de la commune de Monfort, canton de Mauvezin, département du Gers sont comparu les sieurs Fauga Antoine, tisserand âgé de 50 ans, le sieur Bacquié Marc, négociant âgé de 76 ans domicilié dans cette ville non parent mais voisin du défunt lesquels nous ont déclaré que ce jourd’huy à midi était décédé dans son domicile sis au château d’Esparbès monsieur de Broqueville Joseph Thomas Laurent de Colomé né à Monfort âgé de 70 ans fils légitime et majeur de feu Jean Joseph Bernard et de Dame de Lherm Ursule aîné que nous nous en sommes assurés et on les dits déclarants signé avec nous le présent acte de décès après qu’il leur en a été fait lecture. » Ainsi, le frère de Louis, habitait aussi le château d’Esparbès puisqu’il y est décédé. (2) Comme on va le voir ci-dessous, le château passa entre les mains des frères de la même famille.

Basilide s'Aspe

Angéline de Méritens de Villeneuve épouse de Louis-Eugène de Broqueville. photo prise au Château d’Esparbès.

J’ai aussi retrouvé dans les archives de Monfort des traces du passage des Broqueville au château d’Esparbès. Ainsi dans un extrait de dénombrement de la population de Monfort avec dans certains cas le lieu d’habitation, nous avons trouvé en 1861, Louis de Broqueville (77 ans) et Marguerite Basilide d’Aspe (58 ans) qui habitaient au hameau d’Esparbès avec Jean Lafond (49 ans), Silvain Roux (39 ans), Bernard Demblans (31 ans), Jean-Marie Izombart (13 ans), Marie Jeuga (25 ans) et Marie Mazéré (25 ans), leurs domestiques. Ils vivent tous au hameau d’Esparbès. (3)

Louis, dans son testament,  donne la nue-propriété du château d’Esparbès à son frère aîné Jean-François Paul né à Monfort le 17 mai 1780 à Monfort et décédé à Mauvezin le 14 décembre 1873. Ce dernier avait épousé Anne de Corrent (1804-1880). Cette dernière est décédée à 6 heures du matin à son domicile château d’Esparbès le 6 février comme l’atteste le registre d’Eatat civile de cette année-là. Ils ont eu pour fils Louis-Eugène de Broqueville (1829-1895). Ce dernier était du genre joueur au point de ruiner sa famille ainsi que sa femme, Angéline de Méritens de Villeneuve. Louis-Eugène semble avoir été un personnage atypique dans la famille se ruinant ainsi que sa belle-famille. Le château d’Esparbès était à vendre en 1882, par vente aux enchères pour la somme estimée de 65.000 francs. (4)

L’instituteur de l’école libre de Monfort a écrit une lettre à Stanislas de Broqueville pour signaler l’état de pauvreté de Louis-Eugène et surtout que le 28 courant une enchère allait avoir lieu pour vendre le château et les 18 à 20 hectares restant. Cette vente allait mettre Louis-Eugène et sa femme « sans feu ni lieu » où vivre. Visiblement c’est, pour finir, son beau-père  Jean de Méritens de Villeneuve. qui l’acheta. En 1885, ce dernier mourut d’un accident de chasse. De ce fait, le château revient de facto à sa fille, par héritage. Étant de nouveau propriétaire, Louis-Eugène revend 10 ans plus tard, le château à un autre Méritens, Achille Urban Célestin, propriétaire à Montesquieu-Aventès pour le prix de 54.000 francs après jugement d’adjudication du 3 janvier 1893. Cet artifice a permis à Louis-Eugène et à sa femme de rester dans le château d’Esparbès jusqu’à sa mort comme…locataire. Après 1895, on ne sait pas ce qui est advenu du château d’Esparbès d’autant que sa veuve, sans le sou, se remaria à un militaire à la retraite et quitta la région. (5)

Au XVIIIe siècle…

Dans le registre paroissiale de l’église Saint-Clément, on y lit ceci : « Le 12 mai 1709 a été baptisée Suzanne Gimat fille du sieur Jean-Pierre Gimat sieur d’Esparbès et de demoiselle Claire de Vigier. (Voir au XVIIe siècle, ci-dessous, la propriété viendrait de la famille Vigier.

Acte de naissance de Suzanne Gimat d'Esparbès

1709 – Acte de naissance de Suzanne Gimat d’Esparbès

Dans le cadastre des terres de Monfort de 1766-1774, la liste des habitants de Monfort permet de noter le nombre de personnes voire de familles (les épouses et enfants ne sont pas repris) (6)

  • Dominique Fourcade, charpentier
  • Jean Dalavat, maréchal (il possède des terres à Esparbès)
  • Jean Lafitte, forgeron
  • Joseph Balle
  • Jacques Lafitte, forgeron
  • Jean Fourcade, charpentier
  • Monsieur Gimat d’Esparbès, propriétaire du château – ci-dessous. Il
Monsieur Gimat, seigneur d'Esparbès.

Monsieur Gimat, seigneur d’Esparbès.

Les Fourcade ont du habiter à Esparbès quelques temps puisque l’on voit Jouantet Fourcade, charpentier habitant Esparbès nommé par la Justice Royale de Mauvezin comme charpentier devant expertiser la métairie de Gardebois sise à Monfort pour Jean-Baptiste de Broqueville, sieur de Colomé contre son frère Alexis, sieur de Garros. (7)

Au XVIIe siècle…

Le 17 décembre 1660,  Blaise Broqueville, sieur de Maussombat porta plainte contre noble Jean de Vigier, seigneur d’Esparbès qui l’avait menacé lorsqu’il était allé « exécuter son métayer ». Blaise avait fait saisir les meubles du métayer qui avait refusé de payer les tailles. Son maître avait pris parti pour lui comme seigneur direct d’Esparbès. Blaise est né vers 1600 et décède le 1er mai 1682. Il a été plusieurs fois consul. Il a épousé Catherine de Manas fille de Jean-Gabriel, seigneur d’Homps. Visiblement, Jean de Vigiers a acquis ses terres récemment puisque, dans un  acte de 1617 retrouvé récemment, on y voit un acte pour le syndic de la communauté de Monfort contre le sieur Gimat d’Esparbès. Ce texte (pdf) dans son intégralité se trouve ici et sera transcrit dans ces pages plus tard.

Dans les cadastre de 1660 à 1674, nous retrouvons de nouveau un Monsieur d’Esparbès. Il est prouvé qu’il s’agit de noble Jean de Vigier, seigneur d’Esparbès qui est présent dans un acte daté du 26 juillet 1668 qui permet à Anthoine Libéros reconnaître qu’il tient en fief noble la terre et le lavoir au lieu dit « La Belle ».  Texte concernant la preuve se trouve ici en texte pdf. (source : ADG-cote A33)

Si Esparbès appartenait au sieur Gimat d’Esparbès au début du XVIIe siècle, il semblerait que les Gimat ait perdu cette seigneurie peut-être par mariage. Mais cette seigneurie est retournée chez les Gimat fin du siècle par mariage entre Claire de Vigier et Jean-Pierre Gimat. Plus de détails ici.

Au XVIe siècle…

Joseph Broqueville possède une terre de vigne au vignoble d’Esparbès. On peut voir cela dans le terrier de Monfort de 1591-1597. (8) Tous les Broqueville en possèdent à cette endroit comme de nombreux habitants de Monfort ainsi que la communauté de Monfort.

Le vignoble d'Esparbès

Preuve que la terre était bonne pour y planter un gros vignoble à Esparbès.

Dans ce même terrier, on retrouve un Monsieur d’Esparbès dont nous avons la description de ses biens. Je n’ai aucune information concernant ce porteur du Nom Esparbès. Est-ce la famille Gimat d’Esparbès du XVIIe siècle ? Est-ce un membre de la Maison d’Esparbès de Lussan qui possèdent des terres à Monfort ? Il possède « seulement » 3 concades et 20 places à Esparbès alors qu’il en possède près de 39 à la Bourrat.Pour lire l’intégralité de ses biens, cliquez-ici (pdf) pour la version photographiée et ici (rtf) pour la traduction.

Gageons que je trouverai encore d’autres habitants de ce hameau qui a du compter quelques familles durant plusieurs siècles.

Géry de Broqueville

(1) Pour plus de détails, voir l’article « Esparbès, la quête du Graal« .
(2) Archive photographiée à Monfort classée sous la référence 9004.
(3) Archive photographiée à Monfort classée sous la référence 1194.
(4) Stanislas de Broqueville fils de Charles et d’Octavie le Candèle de Ghyseghem avait commencé à vendre les terres de Monfort. Il a vendu la métairie d’Endardé avec 40 ha de terres en 1885 pour la somme de 41.000 francs. L’abbé Camajou et Stanislas échangeaient ainsi du courrier depuis plusieurs années. C’est ainsi qu’en 1882, il lui transmit l’information que le château d’Esparbès était à vendre.
(5) Toute les informations qui concernent Louis-Eugène proviennent de papiers de famille.
(6) Archive photographiée à Monfort classée sous la référence 2885, 2889, 2890 et 2892.
(7) Archive photographiée à Auch aux Archives départementales du Gers classée sous la référence 2B107 et dans mes archives sous la référence 8863.
(8) Archive photographiée à Monfort classée sous la référence 1462.

Note : La photo d’Angéline de Méritens de Villeneuve a été achetée sur un site de ventes aux enchères en 2009 et a été identifiée grâce à l’ex-libris collé au dos de la photo représentant les armoiries Broqueville de la branche aînée ainsi que l’inscription ‘Château d’Esparbès, Mauvezin, le… (sans date) ».

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