Les Broqueville de Belgique issus de la bastide de Monfort en France

La seigneurie de Gardebois dans laquelle se trouve la métairie de Gardebois a appartenu à divers Broqueville à travers les siècles. Le texte le plus lointain nous montre Jean Ier Broqueville, sieur d’Endardé (1) qui signe, en 1664, peu avant sa mort, un bail emphytéotique situé en bordure de Bajonnette et de Monfort et qui appartient pour moitié au prince Louis, roi de France et de Navarre et pour autre moitié au comte de Parrabelle et Saint-Christau. Dans le texte, il est dit que Jean est (habitant) de Monfort (le mot « bourgeois » est barré) et lieutenant de Bajonnette (2). En cette qualité, il signe le document reconnaissant avoir en fief une partie de la seigneurie de Gardebois qui fait un total de 19 arpents (3). Le coût de ce bail emphytéotique est de 2 sols par arpents pour la partie relevant du Comte de Parrabelle et Saint-Christau et de 14 sols pour celle relevant du roi de France. (4) Cliquez-ici pour lire le texte complet en pdf. Traduction ci-dessous à la fin des notes.

Gardebois

Gardebois se trouve sur la gauche du plan à la limite entre Bajonnette et Monfort.

Dans un procès-verbal (5) daté de 1742 de la Justice Royale de Mauvezin où Jean-Baptiste de Broqueville, héritier de feu Dominique de Broqueville, son oncle, curé de Cadeilhan (6).demande de  vérifier l’état de la métairie de Gardebois. Jean-Baptiste a donc hérité de ces terres qui, visiblement ont été habitées par son frère Alexis (7) qui, visiblement, a laissé tomber en ruine la métairie.

Dans l’estimation des biens (8) de Louis de Broqueville (9) décédé en 1745, il est dit que ce dernier possédait la moitié de la métairie de Gardebois. Cela veut dire que Louis et Dominique ont reçut de leur père chacun une moitié de Gardebois. Ayant hérité de son père et de son oncle, Jean-Baptiste essaie de réunir cette terre en un seul tenant mais visiblement cette métairie est démembrée au profit de la métairie de Millas. Ce même document fait référence au testament du sieur Jean Broqueville dont il est dit : « Après quoi faisant les appointements nous avons emmené à distraire des patrimoines les biens sujet au fideicommmis (10) aposé au testament de feu sieur Jean Broqueville (11) du 12 octobre 1705 lesquels biens dépendants du fidéicommis consentant en la moitié de la métairie de Gardebois et moitié des dépendance telles en l’état actuel qu’est la métairie. »

Madame de Colomé de Broqueville (12) possède encore une bonne partie de terres à Gardebois. On retrouve cela dans le terrier de Monfort de 1766-1774. Comme son mari, Jean-Baptiste est décédé en 1771, le texte date donc de cette période-là. « Plus tient terre, pré, vigne et bois me tout tenant lieu dit a Gardebois a Gardenmpuy et a Las Courrèges de Millas dans la paroisse de Ste-Gemme confrontée du levant pré vigne et terre de Mr Blaize Courtade midy pré dudit Courtade et chemin public tirant de Monfort à Bajonnette couchant une pâture de la métairie de Gardebois terre et pré dans la juridiction de Bajonnette septentrion une pâture pré et terre dans la dite juridiction de Bajonnette appartenant à ladite métairie de Gardebois et le ruisseau de Millas contient 19 concades 27 places. » (13)

C’est donc au niveau de Jean II que la destination de la propriété de Gardebois a changé. D’un bail emphytéotique à la pleine propriété il y a un pas non franchi par manque de données à ce sujet. On sait que le roi de France avait besoin d’argent pour financer ses guerres et son train de vie. A l’instar de la bastide de Monfort vendue par le roi et rachetée par ses habitants pour en faire une ville libre, il est probable que Jean Ier ou son fils Jean II ont racheté cette terre non décrite comme fief mais bien comme seigneurie pour ajouter un bel ensemble à leur patrimoine déjà fort important. Une ou deux générations plus tard, ce ne sont plus que des lambeaux de terres qui ont été revendues petit à petit par Jean Joseph Bernard de Broqueville.

A cette époque une seigneurie n’était pas forcément noble. Des bourgeois, ce qu’étaient les Broqueville Endardé au XVIIe siècle pouvaient acheté des seigneuries simples alors qu’il fallait être noble pour être possesseur de seigneuries nobles. A partir du XVIe siècle, de riches bourgeois monfortois achetèrent des seigneuries et souvent leurs châteaux (14). C’est le cas des Broqueville de la branche des Empiroy qui possédaient, en tout cas dans les premiers temps les terres de cette seigneurie qui se situe à l’heure actuelle en lieu et place de la ferme Tibur. Il y a les Broqueville Endardé qui avaient des terres dans les environ de la métairie d’Endardé, comme du reste la famille Gimat s’est accolé le nom d’Esparbès parce que possesseur du château situé à Esparbès ainsi que les Lauzéro, très gros propriétaires terriens se sont accolés le nom d’Entraygue provenant probablement d’une famille alliée, les Faudoas. La seigneurie de Gardebois, n’était, visiblement pas noble mais apportait certainement une notoriété recherchée par les Broqueville du XVIIe siècle.

Géry de Broqueville

(1) Jean Ier Broqueville, sieur d’Endardé (vers 1587-1664) x Françoise de Saint-Arroman.
(2) C’est la première fois que l’on voit apparaître un Broqueville avec une fonction en dehors de Monfort. Bajonette est situé à 4 km à l’ouest de la bastide.
(3) 1 arpent = Comme on ne sait pas quel est la référence pour Monfort, on va prendre l’arpent de Toulouse. Celui-ci fait 56,8999 ares. Donc la terre fait un total de 1.138, 0981 ares.
(4) Bail Emphytéotique de 1663, Archives départementale du Gers, cote A26
(5) Justice Royale de Mauvezin , mars 1742,Archives départementale du Gers, cote : 2B107 (6 pièces). Le texte détaillé ici : http://broqueville.be/?p=961
(6) Dominique Broqueville, sieur de Bigourdas et de Gardebois (1663-1738), curé de Brugnens et de Cadeilhan. Fils de Jean II et de Brigitte de Cotignon et donc petit-fils de Jean Ier (voir note 1).
(7) Alexis (1694-1766), sieur de Garros, fils de Louis (voir note 9).
(8) Justice royale de Mauvezin Estimation des biens de feu Louis de Broqueville, sieur d’Endardé faite à la demande d’Alexis de Broqueville, Françoise de Broqueville, épouse du sieur Dabrin, et Bernard de Broqueville, tous habitants de Monfort. (Juillet-Septembre 1745). Cote : 2B110. 2 pièces papiers. Texte détaillé ici : http://broqueville.be/?p=683
(9) Louis de Broqueville, sieur d’Endardé (vers 1659-1745) x Marie de Solaville. Il est le fils de Jean II Broqueville-Endardé et de Brigitte de Cotignon.
(10) Fidéicommis : Étymologie. et Hist. XIIIe s. « legs fait à quelqu’un sous la condition tacite de le remettre à un autre »
(11) Jean II Broqueville sieur d’Endardé (1630-1705) x Brigitte de Cotignon (1627-1697).
(12) Madame de Colomé de Broqueville est Jeanne-Marguerite de Fraissé qui décédera en 1781.
(13) Voir la page consacrée aux légendes. http://broqueville.be/?page_id=1407
(14) Jean Morisse, Histoire de Monfort en Fezensaguet, Imprimerie Cocharaux, 1963, p.156.

Traduction du bail emphytéotique

« Ledit an (1664) et pour susdit par devant qui dessus a comparu et a signé Jean Broqueville sieur d’Endardé (bourgeois) de Monfort et lieutenant du lieu de Bajonette lequel de son bon gré et de sa libre volonté a reconnu tenir en fief et la tenir perpétuel de notre souverain prince Louis par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre vicomté de Fezensaguet ?? mais Bernard Guiguet pour de sa main si ladite commission pour lui présent stipulant et acceptant du dudit seigneur comte de Parabelle et de Saint-Christau seigneur direct de la moitié de ladite seigneurie de Bajonnette par indivis au ledit seigneur roy savoir borde, jardin vacquant, terre pré et bois le tout joignant lieu appelé à Gardebois confronté du levant et midi le ruisseau de Millas faisant  la séparation du fermage de Bajonnette et d’Esclignac, couchant bois de Monsieur DArgelé, septentrion bois du frère de Jean pour contenu 14 arpent un casal

Plus tien terre (illisible) de Gardebois confronté du levant a sa terre midi ruisseau de Maupéou faisant la séparation de Bajonnette et sainte-Gemme couchant terre de monsieur de Saint-Brès, septentrion chemin public tirant de Bajonnette à Monfort contenant quatre arpents et trois casals faisant en tout 19 arpents sous l’oublies de 2 sols par arpent et une gerbe et demi banquière dans le pausant appelé de Saint Michel payable la moitié tenant du fief quatorze sols par arpent que la gerbe et demi au seigneur roi et l’autre moitié au seigneur comte de Parabèlle et Saint-Christau seigneur direct en la moitié de ladite seigneurie de Bajonnette par indivis avec ledit seigneur roi lesquels droits seigneuriaux a pouvoir payé ledit sieur d’Endardé à sa majesté le roi seigneur comte de Parabelle et Saint-Christau et a lever successivement a la (illisible) et à la Toussaint comme messieurs Saliné et Ponsin signés et ledit sieur commissaire procureur du roi feudataire et moi.

Signature de Jean Ier d'Endardée

 

 

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