Les Broqueville de Belgique issus de la bastide de Monfort en France

En 1295, le castrum ou villa d’Esclignac appartenait en co-seigneurie à Gaston, vicomte de Fézensaguet, et à un certain Vital de Montgaillard, fils probable d’Odon de Preissac dont le lignage était déjà possessionné autour de Monfort dès les années 1275.

En 1325, des discussions étaient intervenues entre les consuls d’Esclignac et ceux de Montfort à propos de l’entretien des fossés et fortifications de ce castrum dont le détenteur, comme ceux de la plupart des autres castra populata du Fézensaguet, n’exerçait que la basse et la moyenne justice. Vraisemblablement, ce château qui n’apparaît pas dans les documents avant 1295 avait été constitué depuis peu, et il convient sans doute de lui attribuer la tour-salle autrement dit l’ostal vieil, qui précéda sur le site le logis de 1485 et sa tour d’escalier.

Antérieurement à la fin du XIIIe siècle, la première mention connue du toponyme est celle d’un chapelain d’Esclignac, Vital de Lasserre, lequel accompagnait comme témoin, en 1158 une donation de Bernard d’Asque et de Garsie de Gouts à la grange gimontoise de Solomiac. Cette donation concernait des biens situés aux environs de la grange et était garantie par des membres des familles de Saubolée, d’Ordan et d’Esparbès. On mentionne également, parmi les convers de la grange gimontoise d’Aiguebelle, un certain Guillaume d’Esclignac (Willelmus d’Esclinag), entre 1167 et 1188. À défaut d’en savoir plus, on est conduit à supposer, au vu de ces trois mentions, qu’une première implantation – s’agissait-il déjà d’un castellum ou d’un castrum ? – aurait pu voir le jour dans le second tiers du XIIe siècle, et connaître une destinée plus ou moins éphémère, soit qu’une destruction soit intervenue entre temps, ce que les maçonneries calcinées de l’édifice incitent à admettre, soit que le projet en soit resté inachevé.

L’ampleur de cet édifice dissuade a priori de l’attribuer aux Preissac alias Montgaillard, lesquels ne tenaient parmi la noblesse du Fézensaguet qu’une place de second rang au XIIIe siècle. Plus plausible, l’hypothèse d’une attribution aux vicomtes de Mauvezin ou de Fézensaguet repose entre autres sur le fait que la bastide de Monfort qu’ils fondèrent en 1275 semble bien avoir l’avoir été aux dépends du territoire d’Esclignac. Ici, cependant, il faut reconnaître que la carence des sources concernant les vicomtes de Fézensaguet nous prive d’arguments plus probants. De fait, l’identité de Guillaume-Raimond, vicomte de Mauvezin et de son frère Pierre-Raimond, mentionnés en 1169 par le cartulaire de Gimont, nous échappe totalement de même que les circonstances qui permirent à Bernard (1188) puis Géraud d’Armagnac, et son fils (ou son frère ?) Roger, de leurs succéder dans les dernières décennies du XIIe siècle.

La famille qui habita le plus longtemps le château d’Esclignac sont les Preissac. Vital de Preissac conclut (1319) un accord avec les consuls de Monfort pour assurer son entretien et sa défense. Il était encore vivant en 1393. Un comte de Preissac devint (1780) lieutenant général du royaume. Son fils fut fait (1787) duc d’Esclignac. Cette branche éteinte fut relayée par la branche parente des comtes de la Hitte dont leurs tombes se trouvent dans le cimetière de Monfort.

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Quelques photos du château d’Esclignac

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