Les Broqueville de Belgique issus de la bastide de Monfort en France

Toilette-d-une-elegante-de-Freudeberg-XVIIIeDe temps en temps, je regarde si la Bibliothèque nationale française (BNF) apporte des livres nouveaux dans sa collection « Gallica » que l’on peut retrouver à propos des Broqueville. Bien sûr c’est en tapant le mot-clé Broqueville, voire Brocqueville que je tombe sur des publications anciennes.

Ainsi je suis tombé sur un livre écrit par le comte de Reiset (ancien ministre plénipotentiaire) qui a écrit ‘Mode et usages au temps de Marie-Antoinette » suivi par le « livre-journal de Madame Eloffe ». Ce livre est un premier tome qui reprend les années 1787 à 1790. Le livre est publié à Paris en 1885.

Madame Eloffe se dit marchande de mode de la reine à Versailles successeur de Madame Pompey qui devait probablement être sa tante. Madame Eloffe était lingère et couturière de la reine mais exerçait aussi ce commerce pour permettre aux unes et aux autres de s’habiller comme la Reine. Dans le livre-journal on constate du reste que la reine, qui, lors de la révolution, avait été accusée d’engager des dépenses outrageuses en termes d’habillement, s’est révélée plus économe que ses courtisanes ou les bourgeoises parisiennes.

Ses clientes étaient européennes. Sans se déplacer ces dernières achetaient non pas sur catalogue mais sur poupée. Madame Eloffe fabriquait des poupées qui portait des robes représentant ses créations. Ces poupées voyageaient avec des commis et passait de cour en cour. Les commandes étaient envoyées par coursier.

A la page 270 de ce tome, l’on voit une commande de la Comtesse de Broqueville datée du 19 août et livrée probablement le 21 août 1788. Est-ce que la comtesse est venue elle-même à Paris pour cette commande, l’on ne sait. Mais son compte est bien là.

La Comtesse de Broqueville était Ursule de Lherm de Larcène (1752-1817) épouse de Jean-Joseph-Bernard de Broqueville (1755-1834). En 1788, nous sommes 10 ans après leur mariage (27 octobre 1778).

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Signification des mots utilisés :

  • Taffetas : toile de soie unie. La précision « d’Angleterre » est une redondance puisque le taffetas est une création anglaise.
  • Gaze : La gaze tire son nom de la ville de Gaza en Syrie où ce tissus léger fabriqué avec de la soie ou avec moitié soie, moitié fil de lin, fut travaillé dans l’origine. Il y a la gaze de fil, la gaze apprêtée, la gaze façonnée, rayée, brochée, la gaze à la crème, la gaze fond plein, la gaze d’Italie, de Turin, de Chambéry.
  • Baigneuse : Bonnet que les femmes portaient autrefois et dont les plis apprêtés s’appelaient plis en baigneuse. On donnait également le nom de baigneuse à un peignoir que l’on mettait après le bain ou bien au costume de bain lui-même. Dans notre cas, c’est la première signification qui compte. A remarquer, actuellement le pli baigneuse s’appelle aussi le pli religieuse.
  • Barbeau : Espèce de bleu clair, assez semblable à la couleur du bleuet des champs.
  • Comète : entrelacs de  ruban de satin que l’on porte autour du cou.
  • Mirfas : sorte de manchettes qui se portaient  le plus souevnt en deuil et dont le nom était emprunté soit à la couturière qui les avaient inventées, soit à un personnage de comédie ou de nouvelle orientale. Comme on le verra, il y en avait en crêpe, en gaze de laine et en blonde fond Alençon.
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  • Paillon : Paillette faite avec une petite feuille carrée de cuivre battu, très mince et colorée d’un coté. On s’en sert pour orner les broderies, les robes de bal et les habits de théâtre.
  • Liston : C’est un petit ruban étroit qui garnit les robes et sert de liseré pour attacher les étoffes.
  • Florence : Espèce de Taffetas, d’étoffe de soie qui se fabrique à Lyon, Zurich et Avignon.
  • Carcasse : généralement faite d’osier était la structure de la robe que l’on appellera plus tard aussi crinoline.

En voyant la richesse des tissus commandé, nous nous trouvons encore dans une famille riche tant en terre qu’en argent. La Révolution française se profile déjà à l’horizon, mais 1788, c’est encore le temps de l’insouciance d’une famille qui s’affirme comme noble, qui porte le titre de comte et même a affublé ses armoiries d’un manteau d’hermine comme nous le verrons plus tard dans un autre article.

S’habiller comme la reine Marie-Antoinette, ou comme les princesses de sang royal ou comme les courtisanes de Versailles ont du être des moments de bonheur pour une femme qui avait déjà 36 ans et qui avait déjà donné naissance à 7 enfants dont la plus jeunes venait de naître (1) et dont 7 enfants allaient encore succéder !

Géry de Broqueville

(1) Marie-Louise-Joséphine (1788-1830) qui épousera en 1807 Hughes Dupuy (1780-1836). Dont postérité.

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