Les Broqueville de Belgique issus de la bastide de Monfort en France

IMG_20140306_0001 copieUn certain Jean Meusien qui apparaît comme un nom d’emprunt tant que l’on sait que Turlurette est liégeois, perdu dans la Flandre de l’Yser. Y associer le surnom d’un habitant des bords de Meuse, pourquoi pas.

L’auteur a choisi de décrire le coté « agréable » des tranchées tranchant avec l’ensemble des auteurs (1) de l’époque qui essaie de décrire au mieux les horreurs de la guerre, surtout celles provoquées par les boches, ces barbares qui ont trahi les traités qui offraient la neutralité à la Belgique.

Avec le recul d’une centaine d’année, son livre me semble plus ironique qu’amusant. Déjà le fait d’avoir choisi le mot de Turlurette qui signifie refrain d’une chanson (2). Grâce à Turlurette, on sait que le piotte, nom donné au poilu belge, avait pour se distraire « des livres aux pages jaunies ». On pourrait imaginer que le piotte ait pu se procurer ce livre, bien qu’il semblerait qu’il soit publié en 1918, à Paris.

Mettons-nous dans la peau du piotte, un instant. Lire ce texte comme ironique prend toute sa saveur d’autant qu’il est vrai et selon les innombrables photos et récits que l’on a de la Grande guerre, les moments d’accalmies sont parfois longs entre 1916 et 1917. Le piotte (3) doit alors tromper son ennui si ce n’est de continuer à renforcer son coin de tranchée. Ainsi Turlurette ne se moque-t-il pas de l’armée lorsqu’il décrit la « garde du matériel » (3).

IMG_20140306_0002 copieTurlurette a aussi son mot à dire sur la conduite de la guerre qui selon lui serait terminée depuis longtemps si l’on se donnait la peine de l’écouter. Il est ainsi capable de nous faire rêver quelque peu dans cet univers de boue quand il pleut ou de soif quand il fait trop chaud.

Voilà donc un petit opuscule pondu par un fantassin (Jean meusien) et un grenadier (Victor Bodsy) pour ses dessins retrouvé au hasard chez un libraire.

Géry de Broqueville

(1) Pour en avoir un aperçu, cliquez sur ce lien qui vous amènera au texte de Pierre Schoentjes.
(2) Selon le CNRS à Paris cela signifie : « Refrain de chanson, chansonnette gaie, entraînante dans laquelle on rencontrait souvent l’interjection turlurette »
(3) Jean Meusien, Turlurette, piotte de l’Yser, Jouve et Cie, éditeur, Paris, 1918. page 18.

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