Pierre Broqueville, en cette année 1620 règle un problème difficile de possession de biens dans la ville de Saint-Léonard. Par son mariage avec Marie Busquet, il a hérité de terres se trouvant à Saint-Léonard. Nous avons déjà parlé de cela dans quelques articles. Pierre et Marie ont même vécu à saint-Léonard avant de revenir sur Monfort.

L’acte 1 passé devant le notaire Mathieu Sabathier, le 28 mars 1620, commence ainsi (…) S’est constitué en personne Pierre Broqueville marchand dudit Monfort lequel de son gré et bonne volonté faire (…) fait et a fait constitué une procuration générale (…) à savoir est Jean Broqueville marchand fils à feu autre Jean dudit Monfort.

Pierre Broqueville est l’auteur de la branche des Empiroy. Il est mort le 2 janvier 1623. Nous ne connaissons pas du tout sa date de naissance. Il est le fils de Joseph mort avant le 16 juillet 1600 et de Sibile Delau. Il s’est marié à une date inconnue avec Marie Busquet. Celle-ci est décédée avant 1650. Pierre et Sibile ont eu deux garçons et cinq filles. Les Broqueville belges ne descendent pas de cette branche.

Une procuration pour un cousin

Pierre donne une procuration à Jean Broqueville fils de feu autre Jean. Heureusement que j’ai la signature de ce Jean qui n’est pas fils de Autre Jean mais bien fils de Jean Vieux ! 2 La signature est celle de Jean Broqueville (v.1556-1657), substitut du procureur du roi de Monfort. Il est le fils de Jean Vieux (+1615) et de Marie Carrette (+av.1610). De ce fait, il est le cousin germain de Pierre. L’ancêtre commun est le grand-père, Jean le plus vieux (+ entre 1590 et 1591).

Pierre choisi donc quelqu’un d’important dans la famille. Il est substitut du procureur du roi. Il est donc assez outillé en termes de loi pour affronté le noble Alexandre de Sédillac, 3 seigneur de Saint-Léonard. Un autre acte écrit à la suite du premier est rédigé pour l’épouse de Jean qui confirme la procuration donnée par Pierre son mari, à Jean Broqueville. Dans ce second acte, il n’y a pas sa signature puisqu’elle est illettrée.

Le troisième acte est la confrontation entre Jean Broqueville le procurataire, c’est-à-dire celui qui a reçu la procuration du constituant, Pierre et Marie Busquet, avec le seigneur de Saint-Léonard. En fait il s’agit de régler un différent d’achat de terres, réalisé de son vivant par Jean Busquet père de Marie. Visiblement, les vendeurs des terres achetées n’avaient pas le droit de les vendre. Nous nous trouvons probablement devant le même cas de droit lignager. Le noble revendique le remboursement des terres achetée par feu Jean Busquet. Ce dernier était propriétaire de la métairie du Busquet, lieu qui existe encore actuellement. Ce sont des terres qui gravitent autour de celles de cette métairie. Comme Marie est héritière de son père c’est le couple Pierre et Marie qui doivent gérer cela.

Un substitut contre un noble

C’est subtil et intelligent de la part du couple de demander à un substitut du procureur du roi pour se défendre contre Alexandre de Sédillac. Il faut tout de même dire qu’il y a déjà eu deux jugements par rapport à cette affaire. Le premier l’a été par Monsieur le Sénéchal d’Armagnac, siège de Lectoure, 24 juillet 1618 et par le Parlement de Toulouse, le 1er mars 1619. Le couple Broqueville/Busquet est condamné à rembourser les sommes perçues.

Il semblerait que la somme totale est de 1828 livres 14 sols. Quatre terres sises à Saint-Léonard sont en jeu. Je n’arrive pas à lire les lieux mais qui valent l’une 107 livres 5 sols acheté le 29 novembre 1612. Il semble que parmi les terres, Pierre en a acquise une des héritiers de Janot barges pour 525 livres reçu par maître Jean Dauné notaire le 16 novembre 1614, Une autre terre de 196 livres 9 sols et une dernière de 128 livres 14 sols 6 deniers de fourniture de marchandise comme des sacs de blé, mesure de Saint-Léonard et des terres valeur de Tournecouppe. C’est Jean Broqueville, le substitut qui négocie les modalités de paiement.

En conclusion…

Les dettes des uns ne s’éteignent pas à la mort de celui qui s’est endetté. Ce qui me chiffonne dans cette histoire c’est que l’on dirait qu’il n’y a que Pierre et Marie Busquet qui sont poursuivis. Marie a des frères et sœurs. 4 Soit des documents spécifiques existent pour chacun, soit Marie est l’aînée, elle doit tout rembourser. Ses frères, Jean et Andrieu devrait participer à ce remboursement. 5 L’histoire ne l’a pas retenu. On sait aussi que Jean Busquet était brassier. Ce n’est pas parce que l’on est un brassier que l’on n’est pas aussi propriétaire terrien. Comme je l’ai déjà écrit, Marie Busquet était une femme d’affaire. Elle a vendu beaucoup de terres de Saint-Léonard pour en acheter à Monfort ou dans les environs.

Géry de Broqueville

  1. Notaire Mathieu Sabathier, côte 3E8954 aux AD32 – 29876-29884. ↩︎
  2. Je vous renvoie sur une gymnastique de l’esprit sur un article à propos des Jean et des Joseph. ↩︎
  3. Alexandre de Sédillac est né vers 1555 et décédé après 1635. Il est fils de Bernard né avant 1540 et de Françoise de Sabailhan née avant 1543. Au moment de l’acte, il s’était marié le 12 août 1587, avec Jeanne de Galard (née av 1567), dame de Castelnau-d’Arbieu. Alexandre de Sédillac est le dernier seigneur du lieu ayant eut deux filles. ↩︎
  4. Dans un acte, du 1er juillet 1635, d’échange, Marie Busquet et deux frères Jean et Andrieu qui sont reconnus comme fils de Jean Busquet, brassier, échange une terre au lieudit Le Prat de Lancome. Il s’agit du notaire Labaule, côte ADG-3E8831 (folio 213) aux AD32 – 12550-12552 ↩︎
  5. Marie avait aussi une sœur prénommée Jeanne. ↩︎