Les Broqueville de Belgique issus de la bastide de Monfort en France

Les journées mouvementées de la base d’Ostende (30 septembre-15 octobre 1914)

On a vu que, dès le 29 septembre, un ordre secret prévoit qu’il y a lieu de prendre des mesures en vue de l’évacuation d’Anvers de tous les approvisionnements de l’armée de campagne. Des reconnaissances sont faites pour commencer à fortifier la zone d’Ostende. L’organisation de la nouvelle base a été confiée au général Bihin. Le général Cuvelier est son adjoint et est chargé de représenter le G.Q.G. Mais les voies de communication deviennent précaires puisque le train du commandant Blindenbergh qui devient le chef de la gare d’Ostende pour y organiser les convois ferroviaires est bombardé. Il n’arrivera à Ostende que dans la soirée. Le 31, la base d’Ostende est prête à fonctionner. Ce jour-là, Anvers va envoyer 1.120 wagons de ravitaillement, de munitions, de blessés, de troupes. Tous les immenses stocks d’Anvers se déversent sur Ostende. Les voies ferrées sont devenues insuffisantes. Le ministre de la guerre décide d’embarquer un maximum de matériel sur des bateaux pouvant gagner Ostende. C’est le capitaine d’artillerie Cornellie qui se voit confier cette tâche « l’annexe flottante » et qui réquisitionne tous les bateaux des ports d’Ostende, de Zeebrugge, Bruges et Nieuport. Il réquisitionne aussi le Minna qui est un bateau allemand et le renomme « Général Leman » et l’équipe avec des marins belges. Il embarquera surtout le matériel roulant de l’armée. Ainsi, Anvers se vidait de l’ensemble de l’armée qui s’y trouvait et de son ravitaillement. Le 9 octobre des trains blindés tant belges que français arrivaient encore d’Anvers ayant résisté jusqu’au bout, dont un train blindé français avec deux lourds obusiers de 220 Schneider sur affut-truck que son commandant reçoit par écrit l’ordre de conduire à Dunkerque. L’armée belge aura réussi à ramener à l’arrière 300 canons, 105.000 obus, 77.000 fusils, 209 mitrailleuses et près de 28 millions de cartouches.

Depuis le 30 septembre, M. de Broqueville avait fait envoyer à Ostende, toutes les archives du ministère de la Guerre avec ses services administratifs. Ceux-ci s’installent à l’hôtel « L’Ocean ». C’est le 5 octobre que le cabinet du ministre, avec le commandant Blaise, vient les rejoindre. Charles de Broqueville qui ne s’est pas embarqué avec les autres ministres est resté aux cotés du Roi.

La prochaine arrivée du roi et de la reine à Ostende a incité le général Bihin a assurer la chasse aux espions de tous poils et à menacer d’appliquer la loi martial à tous les Allemands et les Autrichiens encore présents dans la ville (fac-similé en pdf). Les malles Ostende-Douvres emportent chaque jours des milliers de réfugiés fuyant les horreurs de la guerre. Ostende donne alors l’aspect d’une foule en déroute et grouillante. Après avoir passé la journée du 9 à Ecloo avec son quartier général, le roi arrive à Ostende et s’installe au premier étage de l’hôtel de ville.

Que va faire l’armée ?

Dès son arrivée à Ostende, le roi a une longue entrevue avec son premier ministre, puis il convoque le Conseil suprême auquel assistent notamment, M. de Broqueville, ministre de la guerre, le général Rawlinson, commandant des forces britanniques en Belgique, le colonel Wielemans, faisant fonction de chef du grand état-major belge et le général Pau, envoyé par le gouvernement français en mission près le gouvernement belge. La conférence eut lieu à 14h. Une seule question se posait : l’armée combattait depuis 2 mois et venait de faire une retraite héroïque mais pénible avait-elle besoin de se refaire sur une ligne arrière ? Le roi disait : Mon armée a besoin de se remettre en ordre, et émettait l’avis qu’elle se réorganise derrière l’Yser, mais qu’elle fut protégée à sa droite par les armées alliées. Les renseignements qui arrivaint à grand peine montrait que les Allemand progressaient vers Hazebrouck. Un nouvelle retraite de l’armée belge était à envisager pour ne pas être capturée. Le général Pau, impressionné par les déclaration du Roi proposa que l’armée belge se retire sur la ligne Saint-Omer – Boulogne, avec ce port comme base de ravitaillement. Le général Rawlinson donna son approbation. A 15h la conférence prenait fin. Les mesures d’exécution pour la réalisation de ce plan ont tout de suite été mise à l’étude.

Ce jour-là le conseil des ministres tint un séance mémorable. M. de Broqueville y donna lecture de la lettre qu’il allait envoyer au gouvernement français pour lui demander l’hospitalité (transcription en pdf) . Les ministres ont longuement discuté pour savoir si la Constitution belge permettait un retrait en dehors des frontières du pays. Il fallut l’intervention pressante du premier ministre, Charles de Broqueville, pour mettre fin à cette discussion inopportune. A l’issue du Conseil des ministres, M. de Broqueville remettait la lettre à M. Klobukowski, ministre de France.

Dès le lendemain, le président de la république française télégraphiait au roi Albert : « Le gouvernement de la République… va immédiatement arrêter toutes les mesures nécessaires pour assurer en France, le séjour de Votre Majesté et de ses ministres en pleine indépendance et souveraineté… » (transcription en pdf)Au soir de cette journée du 10 le G.Q.G. provoque une réunion à 22h à l’hôtel de ville d’Ostende pour se rendre compte des possibilités de transfert par eau et par voies ferrées de la base d’Ostende vers Dunkerque-Calais-Boulogne, tandis que les chemins de fer prennent leurs dispositions pour transporter une partie de l’armée de campagne directement à Calais. Pendant ce temps, le général Pau, le général Rwalinson et le colonel Wielemans avaient une nouvelle conférence avec M. de Broqueville. Elle se tint à 23h jusqu’une heure du matin dans une pièce attenante à la chambre du ministre. L’on envisagea toutes les conséquences pouvant résulter de ce repli.

Le 11 octobre, l’ordre est donné à quatorze trains de ravitaillement et de munitions se trouvant encore à Bruges de se préparer à partir. A 11 h. nouvelle réunion à l’hôtel de ville d’Ostende à la suite de laquelle le Q.G du roi notifie à tous les services que l’armée belge sera transférée, par étape, à l’ouest de la ligne Calais-Saint-Omer et que le mouvement commencera le lendemain 12. Par contre, l’ordre d’évacuation du ravitaillement et des munitions est donné le même jour à 13h.

Au cours de la matinée, le général Pau informe le général Joffre des décisions prises. Joffre ne l’entend pas de cette oreille. Il télégraphie au général Pau : « Il ne saurait être question au moment où se développe notre manœuvre, du retrait de l’armée belge jusque dans la région de Calais où elle serait complètement inutilisable ». Le ministre de la guerre belge a immédiatement connaissance de la réponse de [[]] et reçoit en même temps des nouvelles intéressantes du front. L’armée allemande est ralentie n’a pas encore atteint Hazebrouck et est même arrêtée. Charles de Broqueville donne l’ordre d’annuler tous les ordres de repli vers la ligne Saint-Omer-Boulogne. Il est alors 15h. Et le général Joffre est informé que l’armée belge allait se concentrer dans la région de Nieuport-Furnes-Dixmude. Les dépôts de ravitaillement et les hommes non exercés allaient être envoyé en France. A 18h, le commandant Génie, attaché français au quartier général du roi, était avisé, officiellement, sur la demande de M. de Broqueville de cette décision importante par les soins du chef d’état-major du général Pau. Cette décision donna une impulsion nouvelle à l’énergie du ministre de la guerre. M. de Broqueville dira plus tard qu’elle lui avait donné un grand soulagement. « L’honneur de l’armée belge voulait, disait-il, que ce soit nos soldats qui fussent les défenseurs du dernier lambeau du pays ayant échappé à l’invasion. »

Dans une lettre adressée au gouvernement français et citée par M. Poincaré, M. Klobukowki dira du premier ministre : « J’ai vu M. de Broqueville dans les dispositions que je lui ai toujours connues depuis le début des hostilités, énergique, très confiant et décidé à tenir jusqu’au bout ». Et le Ministre de France de rajouter : « les dispositions du roi sont les mêmes ». Dans la nuit du 11 au 12 octobre, répondant à une courtoise question du général Joffre, M. de Broqueville faisait connaître au G.Q.G. français que le roi conserverait le commandement de ses troupes quels qu’en soient leurs effectifs et qu’il serait heureux que le généralissime communique directement avec lui afin de faciliter l’unité d’action des forces alliées.

Le 12 octobre, le colonel d’Orjo de Marchovelette, attaché militaire belge auprès du G.Q.G. français. Envoyé par joffre, il a voyagé toute la nuit à travers les patrouilles et les avant-gardes. A 11h. du matin, il se présentait à l’hôtel L’Océan. Bien que M. de Broqueville était en conférence avec M. Klobukowski, il le reçut immédiatement. Le colonel d’Orjo apportait des renseignements sur les déplacements de troupes en cours. Il apportait aussi l’opinion du général Joffre. « Sauf nécessité absolue, l’armée belge ne pouvait pas, sans produire une impression fâcheuse, se retirer complètement du territoire et, chose aussi importante, l’appoint de l’armée belge était au surplus, bien nécessaire en ce moment aux alliés. » Le colonel d’Orjo rencontra aussi le roi. Le ministre de la guerre et le roi confirmèrent que depuis la veille, il n’était plus question de retrait de l’armée belge vers Boulogne. Le colonel d’Orjo rentra au G.Q.G. français et rassura complètement le général Joffre. A la fin de cette journée, le G.Q.G. français faisait parvenir au général Pau un message télégraphique à remettre à M. de Broqueville informait le premier ministre belge que, conformément au désir du roi, il avait l’intention d’envoyer une mission militaire près de l’armée belge pour « assurer le contact entre les deux armées » . Cette mission était composée du colonel de cavalerie Brécart, du commandant Génie, des lieutenants Laurence et Beliards, le sous-lieutenant Duesles, les capitaines de Lapérouse, Fabry, Fournier-Sarlovèze et trois autres officiers non dénommés. Joffre demanda de lui laisser le colonel d’Orjo et qu’on lui envoie « un second officier d’aussi grande valeur ». Il terminait par cette phrase : « par suite de l’organisation de cette mission permanente, je relève le général Pau de la mission qu’il a remplie auprès de vous et qui devient sans objet ».

Ce jour-là, Charles de Broqueville enverra une délégation de deux personnes à Rome pour essayer de convaincre le Vatican d’exercer des pressions sur l’Autriche de dénoncer son alliance avec l’Allemagne d’autant qu’elle venait de perdre la Galicie face aux armées du Tsar.

L’évacuation d’Ostende et le départ du gouvernement

RetraiteyserL’ère des irrésolutions est définitivement close. L’armée se regroupe sur les rives de l’Yser où ils vont s’impliquer dans la défense du dernier morceau de territoire, le ministre de la guerre procède avec une activité et un acharnement inouïs à l’évacuation des immenses approvisionnements sauvés une première fois d’Anvers et qui risquent à chaque instant de tomber aux mains de l’ennemi qui avance. Le 11 octobre, les trains chargés de toutes les réserves en vivres, en munition, en outillage qui stationnent sur toutes les voies ferrées de la région de Bruges-Zeebrugge et Ostende commencent à descendre vers la France. Dès le 12 octobre, le G.Q.G. s’est transporté à Nieuport-Bains dans un des hôtels de la plage. Il sera rejoint le lendemain par le cabinet militaire du ministre de la guerre et par Charles de Broqueville resté à Ostende jusqu’après le départ du gouvernement pour Le Havre.

A Nieuport, M. de Broqueville signe, d’accord avec l’intendant militaire Laurent, l’ordre de déplacer la base « Ostende-Zeebrugge » vers la nouvelle base « Dunkerque-Calais » en créant une base intermédiaire d’étape « La panne-Gravelines. La base « Dunkerque-Calais va prendre, on le verra, un importance stratégique énorme. Les postes de garde de ces villes vont recueillir les soldats qui se sont perdus depuis le départ précipité d’Anvers et leur permettre de réaliser une meilleure marche vers l’arrière. L’évacuation est considérablement ralentie parce que c’est la région où le réseau de chemin de fer franco-belge est le moins bien outillé ét développé. Les voies sont très souvent à sens unique, les courbes sont brusques et peu outillés. Certains ponts doivent être renforcés par le Génie belge pour supporter les lourds convois qui se dirigent tous vers Dunkerque. La ligne Calais-Dunkerque-Furnes, elle aussi à voie unique, sera utilisée pour faire remonter des troupes alliées vers le réduit de l’Yser. A Ostende et Zeebrugge, l’on charge tous les bateaux pour tous types de matériel en vue de conduire le matériel à Dunkerque ou à Calais.

Le ministre de la guerre va utiliser tous les moyens possible pour évacuer un maximum de matériel militaire vers Dunkerque ou Calais . Ainsi, dans la journée du 13, 210 wagons de munitions sont sauvés de Zeebrugge. Sept locomotives les emportent sur la ligne Adinkerke-La Panne. Jusqu’aux abord de Bruges, les trains sont à l’arrêt ne laissant que les passages à niveau de libre. Deux mille chevaux éclopés sont évacué de Bruges. Dans les gares, on attelle deux locomotives à chaque convoi et l’on double voire triple le nombre de wagons. Les trente trains qui s’en vont de Bruges forment une colonne de 5 Km !

Dans la journée du 14, un grave malentendu crée une énorme perturbation dans les transports. L’on ne sait pourquoi, mais le général Couturier, commandant de la région du Nord donne par télégramme l’ordre au général gouverneur de Dunkerque de refuser le passage aux troupes belges et de prendre des mesures pour arrêter la pénétration à l’ouest de Dunkerque. Stupéfaction et embouteillage gigantesque, les gares s’engorgent tandis que l’on téléphone partout. Charles de Broqueville entre en communication directement avec le général Joffre et le même jour le gouverneur de Dunkerque reçoit un message direct du G.Q.G. français, lui disant qu’il n’avait jamais été dans l’intention du commandant en chef des troupes françaises de s’opposer au passage des troupes et services belges : « l’armée belge, dit-il, a toute liberté pour assurer son ravitaillement et ses évacuations entre le front et la base de Calais. » Le trafic reprend mais des heures précieuses ont été perdues. Le 14 au matin, la gare de Bruges fait partir à 7h. du matin des trains chargés de munitions et de ravitaillement. Les Allemands ne sont pas loin ; le chef de gare, nommé Danckaert, sans perdre son sang-froid, ne partira qu’à la dernière minute, à 13h30, après avoir expédié ses derniers wagons d’explosifs et en avoir rendu compte au G.Q.G. de Nieuport. Dans les autres gares, le personnel exténué commence à faire défaut. En trois jours, Ostende a fait partir près de 1.200 wagons y compris un train de ravitaillement anglais composé de 20 wagons de jambons, lars, thé, oeufs, lait condensé, confiture. Le soir, les gares abandonnées sont vides ou presque, le génie militaire en s’en allant a mis hors service un pont tournant bloquant irrémédiablement deux derniers trains de ravitaillement.

Ce jour-là, dans la soirée, la gare de Dunkerque était avisée qu’elle allait recevoir en quelques heures 47 trains de ravitaillement et de munitions dont certains faisaient 150 m de long. Tous les employés et mécaniciens des chemins de fer reçoivent l’ordre de se rassembler à Furnes. A la gare de Furnes, le charbon menace de manquer, à celle d’Adinkerke, c’est l’eau pour les locomotives qui manquent. Ce sera dans les canaux que cette eau sera pompée avec une lance à incendie placée sur un pont, les locomotives sont ravitaillées. Ce jour-là, vers 16h, les obus commencent à tomber près de la gare de Bruges. A la fin de cette journée, huit trains de la ligne Pervyse-Nieuport sont encore évacués ramenant vers Furnes plus de 350 wagons avec des canons et du ravitaillement. Est-il besoin de dire que ce sauvetage formidable organisé par le ministère de la guerre et des chemins de fer fut plein de périls, de dangers et de fatigue ! Hélas, beaucoup de trains de ravitaillement, n’ayant pas été détruit par l’eau ou le feu, sont tombés aux mains de l’ennemi. Combien ces pertes eussent été immenses si le gouvernement belge avait suivi les conseils de ceux, dont Winston Churchill, qui voulaient que l’armée belge reste à Anvers !

Le départ du gouvernement et de la population

Nous avons vu que dès le 10 octobre au soir, M. de Broqueville avait demandé officiellement à la France de recevoir le gouvernement belge. Le lendemain 11 octobre, M. Klobukowski remettait au premier ministre belge la réponse de M. Declassé, ministre des Affaires étrangères. « C’est de tout coeur, disait celui-ci, que le gouvernement de la république recevra dans la ville du Havre le gouvernement du roi et qu’il lui assurera avec la plénitude de ses droits souverains le complet exercice de l’autorité et des devoirs gouvernementaux… ».

Dans la journée du 12, les ministres se préparèrent pour un nouveau départ qui, cette fois, allait les conduire à l’étranger. Ils rédigèrent alors une émouvante proclamation du gouvernement belge au peuple belge. On l’afficha dès le lendemain matin. Elle se terminait par cette déclaration plein de patriotisme : « … Notre chère patrie si odieusement trahie par une des puissances qui avaient juré de garantir sa neutralité a suscité une admiration croissante dans le monde entier. Grâce à l’union, au courage et à la clairvoyance de tous ses enfants, elle demeurera digne de cette admiration qui la réconforte aujourd’hui. Demain elle sortira de ses épreuves plus grande et plus belle, ayant souffert pour la patrie et pour l’honneur même de la civilisation… » Affiche]

Depuis plusieurs jours Ostende vivait dans une fièvre insensée. La cohue était indescriptible avec une foule démoralisée et la peur au ventre de subir la même chose que ce que la ville de Louvain avait subi le 25 août : Les allemands fou de rage d’avoir du subir une contre-offensive de la part des troupes de l’armée belge, lors de la sortie d’Anvers, ont mis à sac la ville de Louvain sans motif plausible. Les halles universitaire du XIVe siècle avec la bibliothèque renfermant plus de 230.000 volumes, des milliers d’incunables, des manuscrits dont la plupart datait du moyen-âge disparurent dans les flammes en même temps que la collégiale Saint-Pierre, le Palais de justice, le théâtre, les écoles, l’académie des Beaux-arts et plus de 2000 maisons ; 200 habitants, hommes, femmes, enfants sans défense avaient été massacrés.

Chaque jour, les masses de réfugiés ne cessaient d’affluer pour s’embarquer sur les malles Ostende-Douvres. Dans la soirée du 12 octobre, une rumeur se répandit que le gouvernement belge allait quitter la place d’Ostende pour la France. En effet, deux bateaux étaient sous pression prêt à partir. A l’aube naissante, des voitures emportant des ministres et leur famille et les membres du corps diplomatique. Ils s’embarquèrent au fur et à mesure sur la malle « Pieter de Conninck ». Les hauts fonctionnaires du gouvernement s’embarquaient sur la malle « Stad van Antwerpen » avec les archives ministérielles embarquées durant la nuit. L’embarquement dura trois longues heures sous les regard de la foule frémissante. A 7 heures du matin, les deux navires larguèrent leurs amarres et sortirent du port.

L’on apprit aussi que le premier ministre M. de Broqueville était resté en personne à Ostende près du roi comme il l’avait fait à Anvers. On sut aussi que la reine, elle aussi, au milieu de son peuple, ne cessait de parcourir les hôpitaux pour rassurer les blessés ; elle avait appris en effet, qu’une nuit, dans un hôpital improvisé, les blessés s’étaient sauvés en tumulte croyant que les Allemands entraient dans la ville. La reine, attristée et pitoyable, s’en allait en répétant qu’elle ne s’éloignera pas avant que tous les blessés transportables fussent évacués, et l’on sait qu’elle tint parole.

Trois ou quatre autres bateaux accostèrent, dont le « Princesse Marie-Henriette » pour embarquer une foule aux abois. Quand le dernier navire quitta le port d’Ostende, la population pris d’assaut toutes les barques, les chalutiers croyant que la ville allait subir le même sort que Louvain. Le 14 après-midi, il restait à Ostende une partie de la population résignée à attendre l’arrivée des Allemands ainsi que des soldats volontaires chargés d’effectuer les dernières destructions stratégiques. Le bourgmestre M. A. Liébart fit placarder des affiches demandant à la population de rester calme et de ne faire aucun acte de violence envers l’ennemi.

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