Les Broqueville de Belgique issus de la bastide de Monfort en France
Madelaine et Edouard en 1943, à peine marié civilement.

Madelaine et Edouard en 1943, à peine marié civilement.

Edouard s’est éteint le 4 février 2004. Pour toute la famille il laissera le souvenir d’un homme doué d’une grande gentillesse et toujours prêt à raconter mille blagues tout en faisant des facéties en tout genre. Il y a quelques temps j’ai réalisé une interview d’Edouard.

Géry : Quel est ton plus ancien souvenir, souvenir d’enfant ?

Edouard : J’essaie de me rappeler. Vers mes 6-7 ans. Je me souviens de la tenderie. Ma grand-mère (Berthe d’Huart) revenait avec des grives, des merles, des moineaux. A Postel, nous faisions de formidables parties de tenderie. Tous les jours, ma grand-mère partait relever les pièges, refaisait les trajets, les petits sentiers, créé par les oiseaux.

Elle admettait que je vienne voir comment elle pratiquait, apprendre un peu, comment elle plaçait les lacets…

Géry : Tu participais à cela ?

Edouard : Oui, j’allais de temps en temps avec elle.  On revenait avec des paniers chargés de merles, de grives. On avait des lacets pour les attraper. On a peut-être encore des photos de ces moments.

Géry : Qu’as-tu comme souvenir de ton grand-père (Charles de Broqueville)?

Oh merveilleux ! Pendant les déjeuners familiaux, on devait écouter toute la politique, les discussions qu’il avait avec ses fils. C’était extraordinaire. Les petits-enfants devaient écouter, ne rien dire, jusqu’au dessert. Après on avait la parole. On pouvait dire ce que l’on voulait. Mais avant cela, on écoutait. C’était passionnant !

Géry : Quels étaient les caractères principaux de Charles ?

Edouard : La diplomatie et le dialogue.

Il parlait avec tout le monde. Prenons l’exemple des socialistes. Par définition, ils n’avaient pas du tout les mêmes opinions. À force de dialogue, il traitait Vandervelde comme son ami. Il avait une manière de retourner les gens qu’il rencontrait.

Je me souviens que mon grand-père a fait un voyage à Rome pour rencontrer Mussolini. Cela devait-être en 1934 ou 35. Il partait là-bas pour demander à Mussolini d’arrêter de financer le parti de Léon Degrelle. Il a réussi à convaincre Mussolini de ne plus financer le parti Rex parce que c’était un investissement à perte. Il a réussi à arrêter les versements des capitaux.

Je me souviens des discussions à table de savoir si oui ou non, il fallait rencontrer un dictateur. Cela faisait un fameux contraste entre Charles et Mussolini. Ce sont deux personnages complètement différent, mais Mussolini était séduit par l’intégrité de Charles.

Géry : Y-avait-il des invités plus célèbres qui venaient à Postel ?

Le Prince Charles était un original, sportif. Il conduisait sa voiture avec ses petits souliers de tennis. Cela me faisait toujours rire. Il avait une Ford T. Il adorait la solitude. Il venait à Postel pour faire des promenades après le déjeuner.

Je me rappellerai toujours ce qu’il m’a dit : « Ne faites pas votre timide ».  J’étais très impressionné par le Prince Charles. Il était devenu un ami de la famille. Il venait très régulièrement. Je devais avoir 10-11 ans.

Géry : Et à Bruxelles ?

Un jour mon grand-père avait une bronchite et il n’allait pas du tout bien. On nous disait, le roi va venir. On n’y croyait pas, mais on regardait quand même au balcon de la maison.  Tout d’un coup, on voit, une voiture arriver assez vite. À peine arrêtée, on voit une personne y descendre et s’engouffrer dans la maison. Dans la rue, des gens avaient vu le roi Albert Ier rentrer au 32 rue joseph II et se sont arrêtés. Il est resté certainement 3/4 heures à son chevet.

Géry : C’était quand même son ministre ?

Oui, mais c’est pour montrer combien il y avait une relation extraordinaire entre le roi et son ministre. C’était un moment incroyable. Actuellement, le roi ne va jamais voir son ministre malade… Puisqu’il est rentré dans la maison, j’aurais pu le voir, mais cela n’a pas été le cas. Je ne l’ai jamais rencontré. J’ai vu les princes Charles et Léopold à Postel. Ce dernier venait aussi pour voir ses terres qui étaient la donation royale.

Géry : Le mariage de Tante Myriam avec un Italien a peut-être fait quelque chose ?

C’est vrai, c’est en 1935, que ma tante Myriam s’est mariée avec Luigi Vannutelli-Rey. Il était ambassadeur d’Italie à Bruxelles. Cela a peut-être été un élément dans la décision de Mussolini à propos de Rex.

Géry : Est-ce que cela n’a pas été un problème pour elle-même d’ailleurs d’avoir été mariée avec un Italien ?

C’est certain que cela n’a pas été facile pour elle. Vanutelli-Rey était en admiration devant Mussolini.

Je me rappelle qu’avant la guerre, toutes les semaines, on était invité à déjeuner avec l’Ambassadeur Vanutelli et madame l’ambassadrice qui n’était autre que ma tante Myriam. Il nous montrait les bureaux de l’ambassade. Il y avait des bustes de Mussolini, partout dans l’ambassade, comme on peut mettre des bustes de Napoléon. Devant chaque buste, Arnaud prenait un élastique et le faisait sauter sur la tête de Mussolini. L’Italien se levait et criait : « pauvre Mussolini ».

Nous allions manger à l’ambassade. C’était passionnant. Un chauffeur de l’ambassade nous cherchait à la maison et nous ramenait ensuite. En 1940, l’ambassadeur a dû retourner à Rome. Tante Myriam l’a suivi et a passé toute la guerre à Rome. En fait, elle était dans l’autre camp du fait de son mariage. Ce n’était pas évident. Dès la fin de la guerre, elle a acheté une maison à la Grand-place comme investissement. Mais elle vivait encore avec Vanutelli. Ce n’est que plus tard et qu’elle était séparée, qu’elle a vécu dans cette maison.

Madeleine : j’ai vu une seule fois l’ambassadeur. Il était très gentil quand il était dans le monde, mais je crois qu’il n’avait pas un caractère facile.  Il avait un caractère de romain ! Mais il était très chaleureux, très accueillant. C’est à ce moment-là que j’ai compris que tante Myriam ait pu être séduite par cet homme.

Avant son mariage en 1935, tante Myriam vivait dans une maison au fond du jardin du 32. Elle prenait le repas avec la famille, mais logeait seule dans cette petite maison.

Géry : Dans une interview de tante Lilli, elle disait que comme Berthe d’Huart n’aimait pas présider les repas officiels, c’était Tante Myriam qui le faisait !

Oui c’est exact, Tante Myriam était très férue de politique. C’est comme cela peut-être qu’elle a rencontré Monsieur l’ambassadeur. Je crois qu’il était très amoureux de Myriam. Je ne pense pas que cela ait été l’inverse à ce point. Tante Myriam était un personnage particulier. Elle avait son caractère. Il fallait être de son avis.

Géry : Au sinon, elle piquait une colère ?

Non parce qu’elle était bien éduquée. Elle restait très diplomate. C’est sans doute pour cela qu’elle a eu des difficultés avec son mari. Chacun avait un caractère fort. Une Broqueville et un Romain, cela ne faisait pas bon ménage…

Géry : En te présentant des photos du passé, qu’est-ce que cela te fait ?

C’est émouvant. J’ai parfois du mal à reconnaître les personnes, mais cela me fait du bien de retrouver des souvenirs. Ici tante Estelle. Je ne la voyais que très peu souvent puisqu’elle habitait le Luxembourg. Elle revenait à Postel pour les vacances d’été.

Ici, je vois Miss Bambridge. Elle était une amie de Tante Myriam. Elle est devenue petit à petit une amie de la famille. Ici on la voit avec oncle Robert dans une barque d’un étang à Postel. Elle était fort jolie…

Danielle. Bernard, le fils de Robert, la gouvernante. Elle s’appelait Simone. Revoir ces photos, c’est fantastique.

Là, c’est papa avec tante Estelle dans la sablière de Postel. Ici on voit la cabine de bain où l’on recevait les invités.

Géry : Quand vous étiez enfants, étiez-vous sages ? Étiez-vous des garnements, dans vos jeux ?

(rire) Nous faisions des blagues (rire). Nous faisions souvent des blagues. (rire)

Géry : Quel type de blagues ?

(rire) Nous étions des tricheurs. On trichait un petit peu (rire), un tout petit peu, au tennis, entre-autre. En fin de compte on trichait régulièrement. C’était surtout Arnaud !

Géry : Est-ce que toi tu ne faisais pas de blagues ?

(Rire) De temps en temps.

Géry : La famille a certainement un souvenir d’un oncle Edouard qui faisait beaucoup de blagues. La famille aurait-elle mauvaise mémoire ?

Je ne me rappelle plus tellement des blagues que je faisais. Je me rappellerai toujours du domestique qui était en livrée. Il avait des boutons derrières. Je lui avais attaché une sucette. Il avait servi la table et nous étions tous en train de rigoler. Ma grand-mère s’est tout d’un coup rendu compte des raisons de nos fou-rires. Evidemment elle s’est tournée vers moi en me désignant comme le coupable. C’était bien moi qui l’avais fait.

Géry : Quels sont les souvenirs que tu as de tous tes tantes et de tes oncles, de la génération de ton père ?

À la fin de l’année, mon grand-père réunissait toute la famille. C’est là que je voyais la majorité de ma famille. De temps en temps, rapidement pendant les vacances.

Géry : Et pendant les périodes de chasses ?

En Général, les jeunes n’assistaient pas aux chasses. Je n’ai aucun souvenir de ces moments-là.

Géry : Quelle était ta vie entre 1920 et 1940. Vivais-tu plus à Bruxelles, à Postel ?

À Bruxelles parce que j’étais élève à Saint-Louis. Je suis resté dans la même école jusqu’à la fin de la rhétorique. Après cela il y a eu la guerre, c’était le bouleversement général. Et j’allais à Postel pendant les vacances.

Géry : Etais-tu un bon élève ?

(Éclat de rire)

Géry : Comme tous les Broqueville ?

(rire) Les cours que j’aimais, était appris avec cœur, mais le reste. Je me contentais d’écouter. Je ne faisais pas de blague, j’écoutais.

Géry : Alors qu’en vacances, tu faisais des blagues, à l’école tu étais un enfant sage ?

Il m’est arrivé de faire une monstrueuse blague. Pendant l’étude, j’avais vendu des bouchons (pétards) de kermesse. Un autre élève avait des cordons. Il a relié les bouchons entre-eux, à tous les pupitres. Un autre a mis le feu au cordon. Et tous les pétards ont sauté les uns après les autres.

J’ai été exclu de Saint-Louis pendant un certain temps. C’est grâce à l’intervention de mon grand-père que j’ai pu réintégrer l’école. Cela a été le plus beau coup de ma vie ! On a dit qu’on allait renvoyer les autres élèves. Mais cela n’a pas été le cas, car, en fin de compte, le plus coupable était celui qui avait introduit les pétards dans l’école.

Je les avais achetés à la kermesse de Postel et les avais revendus avec, en plus, un plantureux bénéfice. J’étais devenu un vendeur d’armes !

Géry : Ton grand-père décède en 1940. As-tu des souvenirs de cette période ?

Lors de l’attaque allemande, les jeunes ont été emmenés vers Poitiers, à la Touche. Mais les Allemands nous avaient dépassé. Nous sommes revenus à Bruxelles quelques jours avant la mort de mon grand-père. La Touche ne m’était pas du tout inconnue puisque je passais un des mois des grandes vacances à Poitiers chez ma grand-mère (1) et, ensuite, un mois à Postel. À cette époque, le château de La Touche appartenait déjà à mon oncle Gérard de Cressac.

Géry : Quels sont les souvenirs de tes vacances à Poitiers ?

Edouard : C’était très agréable. Nous faisions de grandes promenades. Nous visitions les châteaux de la région. Ma grand-mère louait une propriété à Ligugé à 20 Km de Poitiers.  Nous faisions de la natation, des grandes promenades.

Géry : Revenons en arrière, qu’est-ce que ton père à fait pendant la guerre 14-18 ?

Il a fait l’aviation.  Toutes les photos que l’on a de lui, pendant la guerre, le représentent dans ou à côté d’un avion. Avec son avion, il avait eu des contacts avec l’ennemi, mais il n’a jamais été touché ou descendu par la DCA ou par les avions Allemands. En fait, il pilotait l’avion, mais cela lui arrivait d’être à l’arrière pour prendre des photos. Il était basé en France. Il n’avait pas de grade. L’armée de l’air était tellement rudimentaire à l’époque qu’il était simplement premier pilote. C’était presque un sport.

Géry : Est-ce lui qui a donné le virus de l’aviation à ton frère Arnaud ?

Incontestablement. J’étais aussi passionné par l’aviation. Voir les avions m’a toujours attiré. On construisait des modèles réduits. On construisait des avions. Nous avions cette passion qui était commune.

Géry : Quels souvenirs as-tu du château de Postel, en voyant quelques photos ?

Le pont, le célèbre pont. Un hiver, il a tellement fait froid, il a tellement gelé que le béton à éclaté de toute part et tout d’un coup s’est effondré dans le ruisseau. Évidemment, il y a plein de souvenir de mon grand-père et de ma grand-mère dans le château, jusqu’au moment de sa mort. C’est l’aîné de ses fils, oncle Robert qui en a hérité. C’est à ce moment-là que papa a construit Wigwam.

Géry : Tu es l’aîné de la tribu. Il y avait Thierry, Colette, Michel. Lui c’est le petit dernier. Il est né en 1936. Il y a 16 ans d’écart entre vous deux. Je suppose qu’il devait y avoir des moments importants de rencontres entre tous les cousins, avec tes frères et soeurs ?

Edouard : Oui, surtout avec les parties de tennis. Nous recevions un gros prix qui était donné au vainqueur par le grand-père. C’était 500 francs. C’était beaucoup pour l’époque. Il y avait trois prix au total. Nous avions des parties acharnées entre Colette, moi, Olga, Thierry et Baudouin.

Géry : Que faisiez-vous comme autre sport ?

Edouard : Nous faisions beaucoup de natation à la sablière. Nous donnions des rendez-vous avec les van Eetveld. Ils avaient un bateau perfectionné. Nous avions de grands jeux à cet endroit.

Géry : C’est donc après 1940 que Wigwam a été construit. Comment était-ce ?

Edouard : Pour passer les vacances, c’était très agréable. Pour passer l’hiver, c’était autre chose. Mais c’était l’idéal pour l’été.

Madeleine : Cette maison a été un des premiers souvenirs de Postel. J’étais jeune fiancée. Édouard et moi sommes partis de Bruxelles, en vélo. Nous avons fait tout le trajet jusqu’à Postel. Nous avons passé, à peu près, un mois à Postel à nous deux, dans la maison qui venait d’être construite.

Géry : Vous vous êtes rencontré en 1943 ou avant ?

Edouard : En fait, nous étions voisin et nous nous rencontrions de temps en temps.

Géry : Edouard, tu as été séduit par la petite blonde d’en face ?

Edouard : Non, pas en face, j’habitais le « 32 rue Joseph II » et ses parents au n°40. Mais c’est cela, je l’avais repérée, mais nous nous connaissions quand même puisque nous allions dans la même paroisse, nous connaissions les mêmes lieux. Nous faisions tout de plus en plus ensemble et petit à petit…

Madelaine : nous nous sommes fiancés en 1943. Nous nous sommes mariés civilement très rapidement, en avril 1943, pour qu’Edouard ne partent pas en Allemagne dans le STO (Service du Travail Obligatoire). Heureusement, nous avons eu un papier tout à fait conforme et en règle que mon frère m’avait fourni. En fait ce dernier faisait de la résistance, c’est ainsi qu’il est mort tout de suite après la guerre. Nous avons reçu un laissez-passer tout à fait officiel donné par la résistance. Donc, Edouard n’a jamais dû partir en Allemagne.

C’est ainsi que j’étais marié civilement quand je suis parti à vélo, en août à Postel. Bien que je sois marié civilement, je logeais ailleurs, chez Tante Jo. Nous sommes revenus à Bruxelles de la même façon et je me suis marié religieusement en octobre à Saint-Josse.

Géry : Pour la petite histoire, vous avez mis combien de temps pour aller de Bruxelles à Postel en vélo ?

Environ 7 heures. Comme c’était la guerre, on n’était pas fort nourri et nous n’avions pas beaucoup d’exercice. Faire l’aller ainsi était épouvantable. Heureusement que Norbert nous attendait à Retie, pour tirer mon vélo avec une corde. Mais avec tout le vélo que nous faisions à Postel, le retour a été plus facile. Au total, pendant la guerre, j’ai fait 25.000 Km avec mon vélo.

Géry : Qu’est-ce que vous faisiez pendant la guerre ?

Edouard : En fait, c’était toujours la course aux tickets de rationnement. Notre vie de jeune couple n’était pas du tout évidente. Heureusement, nous avons vécu chez mes parents au 40 rue Joseph II. Ils avaient installé tout un étage pour nous. Nous sommes restés au moins jusqu’à la naissance de Martine en 1946.

Madelaine : Après la guerre, Edouard a dû faire son service militaire.

Edouard. La classe 40 n’avait évidemment pas fait son service militaire, du coup, j’ai été mobilisé pendant 1 an. J’ai participé à l’occupation de l’Allemagne dans la huitième armée anglaise.

Géry : Pendant ce temps, Norbert s’engage comme volontaire de guerre. Quelle était la différence ?

D’abord je n’étais pas volontaire alors que Norbert l’était, ainsi qu’Arnaud et Thierry, d’ailleurs. Je n’ai pas eu le choix. Ce n’était pas agréable. On était les ravitailleurs de la huitième armée anglaise. Il fallait apporter les 14 rations des soldats anglais, jusqu’au front. C’était en 1945. J’ai été jusque Hambourg. Après j’ai été démobilisé.

Norbert était dans la neuvième armée américaine, Arnaud et Thierry étaient dans les blindés. Les volontaires étaient mieux considérés que la classe 40. Nous étions mal considéré alors que l’on ne nous a pas donné le choix de s’engager volontairement. C’était frustrant.

J’ai quand même été décoré par Debs comme soldat de l’armée anglaise. J’ai reçu une médaille anglaise, mais la Belgique ne m’a rien donné.

Ici s’achève ces conversations enregistrées.

Propos recueilli par Géry de Broqueville

(1) Marie-Antoinette de Cressac-Bachelerie.

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