Les Broqueville de Belgique issus de la bastide de Monfort en France

Quand deux notaires se rencontrent

Par le passé, j’avais déjà remarqué ce genre de texte où le notaire qui reçoit un de ses collègues pour lui écrire un acte, il va prendre sa plus belle plume pour écrire un texte en bonne et due forme pour prouver à son vis-à-vis ses capacités d’écriture. Il en va de même pour le notaire Mazars (1) qui reçoit en ce jour du 4 mai 1628, le notaire royal Jean Lauzéro. Ce texte très bien calligraphié d’un bout à l’autre, ne concerne pas réellement la famille Broqueville si ce n’est que Jean Lauzéro a pour père François et pour mère Blasie Broqueville d’Empiroy (+ av. 1649). De plus, un des témoins de l’acte est Joseph fils de Janotet. Blasie est la nièce de Janotet. leurs ancêtre commun est un des trois frères Broqueville, l’aîné, Joseph (x Sibille Delau), père de Janotet.

Outre le fait que je veux mettre l’intégralité du texte tant il est bien écrit, on découvre quelques renseignements sur des personnages de Monfort comme le fait que Jean Lauzéro tout en étant notaire royal il est aussi consul de Monfort. Le premier consul étant Isaac Montangier.

Maître Lauzéro est opposé à Jean Breton qui est sergent royal et à Alexandre Caubet dans une affaire qui fait référence à quelques actes notamment devant le Sénéchal d’Armagnac, siège de Lectoure en lien avec Jean Limoges, habitant de Monfort mais aussi conseiller du Comminge.  On y voit même un métier non déterminé jusqu’à ce jour : maître cellier de Monfort pour Vital Suberville, comme témoin.

Voici le texte que l’on peut trouver en pdf en cliquant ici : Un seul mot est illisible à mes yeux mais ne doit pas prêter à conséquence pour la compréhension du texte :

 » Aujourd’hui, 4e du mois de mai 1628, dans Monfort en Fezensaguet, sénéchaussée d’Armagnac, regnant Louis par la grâce de dieu roi de France et de Navarre,  par devant moi notaire royal soussigné plus les témoins bas nommés s’est présenté en personne maître Jean Lauzéro notaire royal de ladite ville qui dressant sa parole à Jean Breton sergent royal et Alexandre Caubet habitants dudit Monfort  aux quels a requis lui déclarer pour servir ou il appartiendra savoir si maître Jean  Limoges conseiller du Comminge habitant dudit Monfort bailla audit Breton une requête  par lui publiée en la cour de monsieur le sénéchal d’Armagnac siège de Lectoure contre ledit Lauzéro et en consul dudit Monfort signé Massoc son procureur en l’apportant au pied d’icelle par Monsieur Cavroque conseiller datant du 29 avril  dernier  aux fins de la signification audit Consuls et audit Lauzéro, ce qu’il fit le même jour  parlant a celui  Lauzéro et à Isaac Montangier, premier consul qu’il aurait trouver en personne dans ladite ville au devant la maison de maître Raymond Douilhac, prêtre et prieur du sieur de Saint-Aubin, d’Antoine Libéros et autres habitants de ladite ville et ici le lendemain du matin, il peut bailla la coopération qui ?? et écrira de la propre main dudit Caubet à la réquisition dudit Limoges, ledit Breton a répondu qu’il est vérifiable qu’il exploita ladite réquisition contre ledit consul de Monfort ledit Lauzéro en la forme susdite à la réquisition dudit Limoges  qui pour ledit exploit  lui paya quatre sols et la coopération avoir été écrite par la main dudit Caubet, lequel Caubet a répondu que le 30 avril dernier du matin ledit Limoges lui envoya par sa chambrière ladite réquisition pour lui faire deux coopérations ce qu’il fit  et même a écrit ledit exploit que ledit Breton signa et retira icelle avec ladite réquisition pour la rendre  audit Limoges de quoi ledit Lauzéro a requis acte concédé. Présent Joseph Broqueville fils de Janotet et Vital Suberville maître cellier dudit Monfort lesdits Lauzéro, Caubet, Breton et Broqueville signés avec moi (Signature de Joseph fils de Janotet)« 

Et pourtant, dans un acte qui concerne la même affaire, le notaire Mazars (2) écrit le 1er octobre de la même année, avec ses pattes de mouche habituelles qui réfute ma propre théorie. Mais que s’est il passé dans la tête du notaire le 4 mai pour écrire si bien et le 1er octobre pour avoir un texte aussi mal écrit. Dans ce deuxième texte, on a la signature de deux frères, Joseph et Jean Broqueville tous les deux fils de Janotet, comme témoin de l’acte.

Géry de Broqueville


(1) Notaire Mazars coté E1466 aux Archives départementales du Gers (AD32) sous la référence personnelle (22082-22083).

(2) Notaire Mazars, coté E1466 aux AD32 (22093-22096) L’original peut être lu en cliquant ici. (22093-22096)

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